Réalisations

Depollution des REG en Province Orientale

  1. PREAMBULE

La ville de Kisangani est la capitale de la Province Orientale, située à plus ou moins 1 750 km de la ville de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo. La ville de Kisangani est subdivisée en 6 communes chacune dirigée par un bourgmestre et son adjoint. La ville elle-même est dirigée par le Maire de la ville et son adjoint. Kisangani compte actuellement une population estimée à plus de 1 million et deux cent mille âmes dont la majeure partie est constituée de jeunes sans emploi remunérateur et durable.

L’Est de la République Démocratique du Congo et la ville de Kisangani en particulier sont confrontés à une situation des conflits armés depuis les années 1997 par la guerre entre les rebelles et les forces du gouvernement zaïrois du Président Mobutu. Depuis, les conflits ne cessent de continuer entre les rebelles et les différents gouvernements congolais d’une part, et les factions rebelles entre elles d’autre part. Avec ces conflits armés à répétition, les mines antipersonnel ont été posées et plusieurs zones de vie polluées par les restes explosifs de guerre causant ainsi d’innombrables accidents parmi les populations civiles.

En dépit des interventions de différentes organisations humanitaires de déminage, le danger continue à guetter la population locale, particulièrement les REG enfouis dans le sol constituant ainsi un danger permanent lors de la réalisation des activités champêtres, de construction, creusage de puit et autres. Depuis le désaengagement de la plupart des opérateurs de déminage dans la région (Handicap International, MECHEM, UNMAS), la découverte de restes explosifs de guerre se poursuit et le dernier cas en date remonte en octobre 2014 par la découverte d’un obus de mortier de 60mm dans un champ de culture de maïs et manioc.

D’où l’importance de la présence d’un opérateur de déminage-dépollution dans la région en vue d’intervenir rapidement en cas de découverte de restes explosifs de guerre qui empêchent la population à se livrer à ses activités quotidiennes.

2. Interventions EOD à Kisangani

En effet, la dépollution des REG identifiés et marqués à Kisangani devrait marquer le démarrage effectif des activités EOD sur le terrain. Mais pour y arriver, d’autres préalables devraient être atteints tels que l’acquisition des équipements et la remise à niveau des opérateurs sélectionnés pour le travail. Ayant déjà abordé le point sur l’acquisition des équipements, il est opportun de faire mention sur le déroulement de la formation et remise à niveau de l’équipe EOD d’Afrilam.

3. Remise à niveau des opérateurs EOD

Conformément aux Procédures Opérationnelles Permanentes (POP) d’Afrilam et aux normes nationales applicables en RDC, tout démineur ayant passé plus de 2 mois sans activités de dépollution sur le terrain doit suivre un programme de remise à niveau avant de se redéployer sur le terrain pour les opérations de déminage-dépollution. C’est dans cette optique d’Afrilam avait réalisé la remise à niveau du personnel qui devrait être aligné pour les opérations sur le terrain.

Dans la pratique, Afrilam avait présélectionné 2 chefs d’équipe, 7 opérateurs EOD et 3 assistants médicaux qui ont tous suivi la formation prévue à cet effet. A l’issue de la remise à niveau, les meilleurs ont été retenus pour constituer l’équipe EOD d’Afrilam à savoir : 1 chef d’équipe EOD, 3 opérateurs EOD et 1 assistant médical. La remise à niveau du chef d’équipe et des opérateurs EOD a été assurée par le chef des opérations d’Afrilam et le superviseur technique EOD. La remise à niveau du personnel médical a été assurée par le docteur Raphaël TALONA qui a une longue expérience en la matière au regard de sa prestation pendant 7 ans chez Handicap International d’abord comme soutien médical direct des équipes sur le terrain, puis en tant que superviseur des assistants médicaux censés accompagner les équipes de dépollution sur le terrain.

4. Dépollution des munitions marquées à Kisangani

La dépollution proprement dite des REG identifiées et marquées dans la ville de Kisangani s’est réalisée vers fin du mois de novembre 2014. Le début effectif des interventions était conditionné par l’acquisition de tous les matériels et équipements nécessaires pouvant permettre de rendre l’équipe fonctionnelle, l’acquisition des explosifs et artifices ainsi que l’assurance du personnel EOD par une assurance étrangère capable d’intervenir rapidement et efficacement en cas d’accident survenu lors des opérations de dépollution sur le terrain.

Au total, 5 zones dangereuses étaient marquées dans la ville de Kisangani. De ces 5 zones polluées, 3 ont été traitées par Afrilam, chacune étant polluée par 1 obus de mortier de 60mm HE. Etant donné la présence de ces munitions dans des zones d’habitation, elles ont été déplacées pour être détruites à l’extérieur de la ville, dans une zone non habitée mais avec, bien attendu, l’accord des autorités administratives, militaires et coutumières pour l’utilisation de la zone comme site de destruction. Pour ce faire, la population du village situé  à 5 kilomètres de la zone a été informée pour éviter la panique à la suite de la détonation lors de la destruction.

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