Réalisations

Enquette non technique et Education au risque de mines et REG

Depuis plusieurs années maintenant, la guerre à l’Est de la République Démocratique du Congo continue à faire d’innombrables victimes directes et indirectes. En plus de populations civiles qui tombent sous les coûts de balle pendant les affrontements directs entre belligérants, il faut ajouter de nombreuses victimes indirectes qui meurent de fin, de maladie et surtout d’accidents par explosion accidentelle de mines et restes explosifs de guerre qui trainent dans les milieux de vie de  communautés local es après les affrontements.

La province du Nord-Kivu est l’une de celles les plus tou chées par les affrontements armés, particulièrement les territoires de Rutshuru et de Nyiragongo. Depuis le déclenchement de dernières hostilités dont l’objectif était de neutraliser les forces rebelles dans ces deux territoires, plusieurs restes explosifs de guerre ont été localisés dont les dépôts de munitions abandonnés ou partiellement détruits, les munitions non explosées,… causant des accidents et rendant ainsi difficile les mouvements des populations. Qu’il s’agisse des déplacés internes, des retournés et les refugiés, les populations sont dangereusement exposées aux risques d’accidents par mauvaises manipulations de restes explosifs de guerre. Les enfants sont les plus explosés au danger étant donné qu’ils confondent souvent les restes explosifs de guerre aux jouets.

Par ailleurs, la présence de restes explosifs de guerre dans le territoire de Nyiragongo constitue un  danger permanent non seulement pour les populations locales, les retournés et les déplacés mais freine et perturbe également les interventions d’autres acteurs humanitaires au profit des populations vulnérables. En plus du risque direct qu’ils représentent pour les membres des communautés affectées, les mines et REG empêchent l’accès aux champs et zones pastorales, aux voies de communication et aux points d’eau. Leur présence impacte négativement les efforts de stabilisation et représente un obstacle à la reconstruction et au développement du pays, notamment dans la réhabilitation des infrastructures publiques ainsi que dans les secteurs éducatif et de la santé.

es hommes, femmes et enfants encourent des risques différents face aux dangers des REG et mines par les différents rôles, statut qu’ils jouent dans leur communautés, les différentes activités quotidiennes qu’ils mènent (chasse, cueillettes, collecte du bois de chauffe, leur niveau d’éducation). Par ailleurs, beaucoup de familles conservent dans leur domicile des engins explosifs car ils ne sont pas conscients du danger. Les hommes souvent tentent de couper/scier des REG/UXO pour récolter des parties qu’ils pourront revendre ensuite. Les comportements à risque varient entre femmes, hommes, filles et garçons. Les personnes retournées et déplacées sont également vulnérables dans le sens où elles ne connaissent plus l’environnement dans lequel elles atterrissent.

Dans le territoire de Nyiragongo, les zones les plus touchées se concentrent autour des groupements de Kibati, Kibumba et Mutaho. D’autres groupements du territoire sont également touchés mais la situation reste peu connue à ce jour. A travers les activités d’Education aux risques et de liaison communautaire, d’autres zones susceptibles d’être contaminées peuvent être rapportées par les communautés aux équipes d’éducation au risque. Des séances d’éducation aux risques avaient commencé, ayant été interrompues lorsque le territoire n’était plus accessible à la suite du conflit. Cependant, les besoins sont immenses et urgent notamment avec les mouvements de population en cours.

Certes, certaines activités d’action contre les mines et REG sont en cours dans le territoire de Nyiragongo mais le danger reste permanent pour une grande majorité de la population si d’autres activités accompagnant la dépollution ne sont pas immédiatement mises en place. Le projet proposé viendra en appui aux activités de dépollution en cours par les organisations internationales dont Mine Tech et la compagnie commerciale MECHEM.

Ainsi dans le but de réduire les cas d’accidents par mines  restes explosifs de guerre dans  le territoire de Nyiragongo en Province du Nord-Kivu, Afrilam se propose de réaliser les activités d’enquête non technique et d’éducation au risque dans les zones ci-haut répertoriées en vue d’identifier et marquer les zones contaminées et de prévenir les populations concernées du danger, en leur faisant adopter des comportements responsables face à la menace. Etant donné l’écart du temps qui s’écoule entre la date de la découverte de mines ou REG et celle de la dépollution effective, il s’avère donc nécessaire et utile de renforcer les séances d’éducation au risque afin d’attirer la meilleure attention de la population sur l’urgence de changement de comportement et d’éviter ainsi de nouveaux cas d’accidents par mines ou restes explosifs de guerre dans le territoire de Nyiragongo.

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